Explorez les immenses forts militaires de Suomenlinna près d’Helsinki
[Classement UNESCO : liste principale ] Située au large d’Helsinki, Suomenlinna — appelée Sveaborg en suédois — est une forteresse maritime habitée construite sur huit îles, dont cinq sont reliées par des ponts ou des chemins, et trois restent isolées. Ce site emblématique incarne plusieurs siècles d’histoire militaire et politique en Europe du Nord.
La construction débute en 1748, à l’initiative du parlement suédois, soucieux de contrer l’expansion maritime de la Russie, qui avait fondé Saint-Pétersbourg en 1703 et établi la base navale de Kronstadt en 1710. La forteresse devait protéger Helsinki et renforcer la présence suédoise dans le golfe de Finlande.
Les travaux sont confiés à Augustin Ehrensvärd, ingénieur militaire influencé par les fortifications françaises. Il conçoit un système de casemates ouvertes, permettant l’évacuation de la fumée de tir, et prévoit des fortifications autonomes sur chaque île, avec un chantier naval central. Les soldats logent dans les voûtes, tandis que les officiers disposent de quartiers distincts. Un projet ambitieux de square baroque inspiré de la place Vendôme ne sera que partiellement réalisé.
En 1808, la Russie envahit la Finlande dans le cadre d’une alliance avec Napoléon Ier. La forteresse est bombardée, puis rendue sans combat par le commandant Carl Olof Cronstedt, faute de renforts. En 1809, la Finlande devient un grand-duché autonome au sein de l’Empire russe, et Sveaborg est rebaptisée Viapori, marquant la fin de sept siècles de domination suédoise.
Les Russes renforcent les défenses et agrandissent les infrastructures. En 1855, durant la guerre de Crimée, une flotte anglo-française bombarde Suomenlinna pendant deux jours, causant de lourds dégâts. Les canons russes résistent, et les alliés renoncent à débarquer.
À la veille de la Première Guerre mondiale, la forteresse est intégrée aux fortifications navales de Nicolas II. En 1918, après la guerre civile finlandaise, Suomenlinna devient un camp de prisonniers pour les Gardes rouges : plus de 1 000 morts sont recensés, victimes de faim et de maladie, et 80 exécutions sont documentées.
Le site perd progressivement son rôle stratégique. Jusqu’en 1948, un laisser-passer écrit était nécessaire pour y accéder. En 1973, il est restitué à l’administration civile, bien qu’une garnison militaire y soit encore présente. Depuis, les îles sont ouvertes au public, tout en conservant une école navale.
En 1991, Suomenlinna est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, en tant qu’exemple remarquable d’architecture militaire bastionnée. Aujourd’hui, c’est l’un des sites les plus visités de Finlande, mêlant histoire, culture et vie locale dans un cadre insulaire unique.
On peut facilement imaginer Indy s’infiltrant, ou, prisonnier, s’enfuyant de cette immense place forte, au milieu des canons et de la garnison. A votre tour de vous y perdre !
C’est où ?
Suomenlinna, Finlande
